hotake

C’est un temps perdu, autant volé qu’oublié.  Un temps révolu, si tant est qu’il ait existé.

Un souvenir, un mirage d’un autre âge, un passé que l’ont pense avoir eu.

La mémoire s’emballe, transforme, transgresse. Elle va nue pied sur les chemins de notre inconscient, chevauche notre histoire et, dans ses dédalles, hésitante, perd  la voie de nos rêves d’enfants.

Entre ce que l’ont voudrait être et ce que nous sommes, nous arrangeons notre passé pour peindre un peu plus  l’icône que l’on se fait. 

Te souviens tu de ce que tu étais ou est ce juste le  dernier souvenir que tu as en eu ?  Souvenirs de souvenirs d’un réel par ton être abattu, mirage de faits, puzzle mémoriel ou les pièces s’emmêlent dans des images par le temps déformés.

Issu d’une réalité dont il ne me reste rien. Quelques relents ont traversé les âgés mais leur odeur qui parvient s’est perdu entre temps,  s’est prise en otage dans le piège de son dessein. Se voulant la base de notre personne, la mémoire ne peut s’offrir à nous nu, car ce que l’ont fut, fait ce que nous somme. Elle prend alors la lourde tache de remanier, de modifier, pour donner un sens à notre propre vérité.

Elle peut parfois être lourde, brulant notre âme de tourments séculaires. Gangrène de notre vie qui ronge nos joies, elle est toujours présente, là ou on ne l’attend pas, prête à ressortir pour un coup éphémère ou lancinantes dans l’écho de sa voix.

Sans que l’ont s’en aperçoive dans la chambre noire de l’inconscient elle monte son film, le  projète dans notre tète, animant les traumatismes d’antan d’une singulière manière.  Ce qui t’apparait alors, aussi fort soit il, n’a de vérité que pour toi, n’a pas de réalité en soit.

Je suis un être sans mémoire. Enfin, c’est ce que je pensais jusque là. Mais mon être existe, pense et agit et donc ne peut, traversant se vie, s’inscrire  dans le monde à l’aube seule  de ce qu’il voit.

Je sais maintenant que c’est le cinéaste de ma pensée qui, pour je ne sais quelle raison obscure  a choisit d’oublier les images de mon passé. Vidant de souvenirs ma mémoire consciente, il n’en tire pas moins l’essence de ma personne, moteur de ma raison vivante. 

Bonjour, on m'a dit que tu étais parti pour le Canada (ou que tu vivais au Canada, on n'a pas précisé). Je pars (fin août) pour le Canada et j'ai plusieurs questions concernant Montréal. Peux-tu m'aider ? Merci

slt !

ouai effectivement j y suis depuis un an et espere pouvoir y vivre encore, ca depend si j ai le visa! 

par curiosité, par qui t as eu ces infos?

en quoi puis je t’aider?

a tantot

Il était une fois. Il sera une fois. Il sera mille et une autre fois.  Une fois comme les autres. Une fois de plus. Une fois de moins. Un conte de faits à jamais répété. Des histoires d’enfants devenus grands. Des princes et des princesses aux destins misérables. Pas un dragon ne fut vaincu. Ils vivent toujours dans les âmes des déchus. Prisonniers de leurs donjons ils ne voient le monde que du haut de leur tour délabrés, vivent leur vie dans leur destin pré rédigés.  Point de bonheur à la clé, l’histoire est sans fin. Eternel recommencement d’insipides existences ou le mot fin s’écrit par la fin des maux. Le néant se charge ensuite de redonner aux suivant la détresse des disparus.  Ainsi vont les contes des oubliés. 

Brule-toi, consume-toi ! Vas au delà de ce que tu ne seras pas ! Tu n’existes déjà plus. Tu t’évapores chaque jour un peu plus. Ta décadence t’amène vers toi-même. Côtoies te démons comme tes amis. Fais l’amour à ta haine et donne lui les fils de ta destiné. Ta flamme s’éteint, étouffe là. Noie la sous des torrents de larmes. Saute dans tes abysses retrouver  ta peur originelle. La vie t’est indifférente, rend lui son dégout. Ta mort est la seul chose qui t’appartient. Le bonheur n’est qu’une illusion de ton âme souillée. Ne crois pas ses mystiques au cœur pur. La pureté nie l’identité,  l’étouffe sous son voile obséquieux.  La haine, elle, te réalise, t’accomplie, te libère. Ne lutte pas contre tes démons, apprivoise les. Appelle-les de tous tes souhaits, qu’ils t’accompagnent dans sur ta voie. 

Une fois au fond, à la lisière de ton être, quand la valse de ta vie t’aura fait tourner la tête. Aux portes de la folie, les deux pieds dans ta vie volontairement gâchée. Regarde en haut. Vois ce que tu aurais pu être.  Ne regrette rien. Loue ta débauche. Signe l’œuvre de ta vie de ton encre de sang. Ta mort t’appartient, prend-la.

Il est une flamme au fond de ton âme. Une lueur  que tu soupçonnes sans jamais pouvoir la toucher du bout de ta conscience. Entourée de démons qui t’étouffent sa lumière peine à éclairer tes pas. 

N’aies pas peur, tu es vivant.  Tu là, en chair et en âme. Ne doute pas de ton existence. Ne te laisse pas porter par le monde et ses djinns. Ils sont partout ou tu ne les voies pas, cherchant à réduire ton essence en cendre de toi-même.

 C’est dans ta tête que le combat fait rage, ne l’abandonne pas. Crois au feu qui t’anime, chasse celui qui te consume.

 Il n’est pas question de bien ou de mal. C’est de vie qu’il s’agit, la tienne. Ne te formalise pas des dogmes et des pensée prédigérée. Ecoutes toi dans ce que tu es. C’est une longue marche qui t’attends. Il te  sera souvent plus facile d’abandonner, de te laisser bercer par le rythme lancinant de la lassitude.  Rien ne t’appartient plus que ta vie. Une fois mort, tel une roche, tu recouvriras le monde de ta banalité. Là, tu me lis, tu respires, tu existes. Il n’ya rien d’autre dont tu puisses être sur. C’est cette certitude qui doit te mener. La seule qui en vaille la peine. Puisse t elle te porter dans tes choix éclairés.  

Il était une foi, il sera une foi. Il sera mille et une autre fois.  Une foi comme les autres, une foi de plus, une foi de moins mais une foi qui t’appartient.

(via fyzder)

(via fyzder)

avec ou sans foi

Il est 9h quand je rejoins ma grand-mère à lourdes. Il y a une éternité que je n’avais pas mis les pieds à la grotte. Pourquoi l’aurais je fais, je ne suis pas croyant ? Aujourd’hui c’est différent, demain je pars.  Je quitte mon pays, mes amis, ma famille pour vivre outre atlantique. Je voulais, avant de tout laisser, partager un moment privilégié avec une personne chère à mes yeux.

Elle, croit en dieu. J’ai toujours admiré ça. Ce n’est pas une dévotion aveugle et soumise. C’est une foi puissante et  réelle qui guide ses pas et en fait une des personnes les plus ouverte au monde et aux gens que je connaisse. Petit, elle m’a ouvert à ce monde éloigné de mon quotidien. 20 années plus tard, une église est toujours pour moi un lieu remplie de sens.  Ce n’est pas la foi que j’y ressens mais les échos de mon enfance après de mes grand parents. Une sorte de madeleine de Proust ecclésiastique si vous préférez.

Nous voila la donc tous les deux marchant sur les pas de Bernadette, heureux d’être ici, heureux d’être ensemble. J’ai droit à une visite guidé complète et gratuite de ce lieu quasi inconnu à mes yeux et récurent aux siens. La basilique, une messe, des prêtres, des curés, des pèlerins…. Tout cela est grand, joli, démesuré. La frénésie touristique se mêle au calme du sacré. Je ne ressens pourtant pas au fond de moi cette ferveur qui pousse chaque année ces milliers de personnes à venir ce recueillir ici.

Je suis ici pour être avec elle. Nous aurions pu aller faire un tour en montagne mais je crois que j’ai eu peur qu’elle me mette à l’amende. A bientôt 80 ans  elle fait des randonnés qui écœureraient plus d’un jeunot élevé au mac do. Alors on marche tranquillement cote à cote. Elle m’explique avec patience l’histoire des lieux et son histoire auprès d’eux.  A travers elle c’est un peu de moi que j’appréhende. Une part de ce que je suis c’est elle qui me l’a transmis. Petit à petit je découvre l’histoire qu’elle me lègue. Ce petit bout de femme me rend à moi-même.

Arrivée devant la grotte le silence règne. Les gens se recueillent devant la roche ou un hologramme divin  a tapé la causette avec une jeune bergère. Moi, c’est en tant que lieu historique que je l’appréhende . Je connais son importance pour des millions de gens, pour ma grand-mère et c’est en cela que je suis heureux de m’y retrouver. Le silence nous entoure. Les pèlerins prient. Mamie se contente juste d’un petit signe de croix.  

Je suis par contre un peu déçut d’une chose. Avant, dans mes souvenirs, une banderole faite de béquilles et de cannes témoignait de l’histoire miraculeuse du lieu.  Elles étaient les traces des prières entendues. Aujourd’hui point de tout cela. Le lieu doit être propre, sans cannes vétustes suspendues dans le temps.

Quelques mètres plus loin on fait bruler des cierges. J’en achète trois que j’installe cote à cote. Le premier est pour mon petit frère qui passe le bac cette année. Vu sa cadence de travail autant tenter l’option divine plutôt que l’option math. Les deux autres sont pour mes grands pères disparus. Je n’ai jamais été sur leur tombe. Je n’aime pas ça. je sais qu’ils ne m’en veulent pas et qu’ils savent que je pense à eux souvent. Mais bon, je suis là alors je leur allume une flamme. C’est un petit geste anodin, symbolique qui se mue  en une pensée brulante qui manque de m’arracher les larmes des yeux. Point de souvenir, juste une émotion, un sentiment qui me prend au corps. Je me surprends à croire. Croire en un ailleurs, un après, un au dessus d’où ceux que l’on aime nous guide. J’ai regardé la grotte avec des yeux distraits et là je plonge mon âme dans la danse de trois petites flammes. A chacun ses symboles. J’embrasse ma grand-mère qui comme à son habitude est resté discrète laissant du temps au temps et les gens à eux même. Alors que nous nous éloignons je tente de dissimuler mes yeux humides.

Notre visite se termine dans les sourires des confidences. Nous sommes heureux d’avoir partagés ces instants ensembles. Je prends un peu d’eau de la grotte pour l’amener avec moi. Je ne crois pas en ses capacités miraculeuses par contre je sais ce qu’elle représente pour moi. Un instant de partage emplit d’amour.

Je ne sais si des gens prendront le temps de lire ce texte quelque peu intime. Je ne sais même pas s’il est digne d’intérêt  pour un autre que moi. A vrai dire, je m’en fiche. Je tenais juste à coucher ces mots pour les fossiliser dans les archives de l’humanité moderne, internet. Je souhaite par ce geste remercier ma grand mère et  laisser un témoignage simple de ce que peut être une journée d’amour de l’autre que l’on ait la foi ou pas.

  Pendu à ses illusions, agonisant, il meurt d’une vie lente et douloureuse. Ses amis, les femmes, son boulot, l’image qu’il se donne ni changent rien. Il se sent vide, plombé par le poids de sa triste vie.

    Ce soir comme de nombreux autres, il sort s’oublier, s’assommer l’esprit à la bière. Comme toujours il va au même endroit. C’est son antre, son repère. Il y dépose tous ses espoirs déchus, ses rencontres ratées. Il devient enfin lui lorsqu’il y disparait dans la foule d’arrachés.

La lumière fade dissout les formes, les gens deviennent les ombres d’eux même, et cette odeur de sueur, de cigarette, d’alcool et d’urine qui rend l’atmosphère suffocante et imprègne ses vêtements .Voila ce qu’il vient y chercher. Un prélude à la mort qui le fait se sentir en vie. Les basses martèlent sa tète, claquent sur son cœur. Lourdes, intenses, oppressantes, elles raisonnent au plus profond de son corps. Les verres s’enchainent, les êtres se déchainent. Les drogues tournent, la pression monte. Les danses hypnotiques des femmes aux seins lourds le mettent en transe. Il est déjà parti, il n’est plus tout à fait lui. L’esprit anesthésié, c’est sa pulsion qui le guide. Sa vie n’existe plus. Rien n’a plus d’importance que l’instant. Ce futile instant sans importance, c’est lui qui le vi, c’est lui qui le jouie. Personne ne le lui enlèvera.

Il déambule dans cette forêt enchantée ou les arbres ont été virés par des êtres sortis tout droit du trou du cul du désespoir. Le regard haut, vide, lubrique, la tète ondulant d’une danse autistique, Il avance vers elle. Qui est-elle ? Il s’en fout. Il ne veut pas entendre sa vie, il ne veut pas lui raconter la sienne. Il ne veut rien connaitre d’elle sinon son intimité.

Il la regarde, son maquillage coulant emporté par de grosses gouttes de transpiration, ses yeux sombres, son visage camouflé derrière de longs cheveux noirs. Elle se déhanche, ne regarde personne. Avare de regard, généreuse de forme, elle s’offre au monde qu’elle renie. La foule l’entoure mais il ne voit qu’elle. Le sang bout dans ses veines, afflue vers son sexe.

Pas après pas, rebondissant contre les corps, titubant, il se rapproche d’elle. La basse cogne, l’alcool monte, ils se fixent. Il n’a rien à perdre à ne pas lui parler, elle le sait. L’univers se referme. Ils dansent. Leurs corps trahissent vite la fièvre qui les anime. La nuit se poursuit ainsi dans une transe sourde au reste du monde. L’odeur du sexe a remplacé celle de la pisse. Ils continuent à boire dans un excès devenu norme. Sa main visite le corps de l’autre. Feignant la timidité, elle ne répond pas mais se laisse faire. Il se fait plus insistant, palpe les formes. Elle aime ça. Rentre dans le jeu. Noyés dans la foule, les deux silhouettes n’en font qu’une. Simulation de baise aux yeux de tous que personne ne regarde. Plus rien d’humain dans leur danse. Deux bêtes en rut soumises à leur pulsions, incapables de se contrôler.

Dehors, le soleil commence à se lever. Les détritus jonchent le sol. La pluie tambourine, fuit à travers le toit délabré. Les goutent tombent sur son visage. Il ne les sent pas. Les mains posé sur seins nues, il la prend. Violent, bestial, sans empathie. Eros n’est pas de la partie. Des chiottes pourris les entourent. Des seringues flottent à leur surface. Restes d’épaves d’une nuit de tempête. Ce soir, c’est elle son héroïne. Il l’entend crier, la sent bouger au rythme de ces coups de reins. Lui le caleçon en bas des jambes, elle la robe relevé, les deux mains contre le mur. Plus de capotes dans la machine, il n’a pas réfléchi longtemps pour faire sans. Il va et vient, oublie qui il est. De plus en plus vite de plus en plus fort, la musique raisonne encore. Il fait de même. Il claque ses fesses. Elle crie. Elle le mord. Il jouit, se vide dans cette inconnue qu’il ne reverra plus.

L’alcool et la baise l’ont retourné. Il sort d’elle, se retourne et vomi. Vidé une deuxièmes fois. Elle, s’essuie, se rhabille et part. Pas un regard, pas un mot. Ils se sont quittés comme ils ont baisé, sans rien chercher d’autre. La tète dans la cuvette, il transpire, crache ce qu’il lui reste de bile. Sa soirée est finie, la vie peut reprendre.

pourquoi cuisiner quand on peu centraliser?

Un cuisto dans un foyer, quel drôle d’idée !! La cuisine centrale revient bien mois cher. Pourquoi s’embêter à payer quelqu’un a temps plein ?

 Bien sur j’entends les mauvaises langues qui vont parler d’éducatif.

Permettez-moi de vous dire, messieurs dames,  que je ne vois ce qu’il y a d’éducatif dans la nourriture. Elle n’est que carburant. Peut importe son gout, sa couleur, son odeur, tant qu’elle répond aux besoins énergético-caloriques de l’organisme.  Que les jeunes aient à manger pour qu’ils rentrent dans les rangs, voilà notre mission. On ne va pas en plus leur faire une initiation à la gastronomie.

A entendre certains éducateurs on se demande de quelle planète ils viennent.  Ils parlent de la nourriture comme transmission. Selon eux elle serait une part de nous même que l’on lègue à l’autre. Ils poussent même le vice jusqu’à mettre ca en lien avec notre première rencontre à l’altérité, le sein maternel. Ils développent tout un discourt humano-naif autour de la réalisation et du partage d’un repas. Franchement, il faut qu’ils arrêtent de se masturber le cerveau.  La nourriture n’a pas d’autre vertu que de nous permettre de subsister. Comment un être normalement constitué pourrait croire que faire à manger peut s’assimiler à un partage d’humanité ? Quelle idée farfelue !!

Maintenant ca suffit !! J’en ai assez de cet argent gaspillé pour les papilles des jeunes.  Le social se gère comme une entreprise. Il faut réduire les couts la ou il y a de l’abus. Nous avons des comptes à rendre aux financeurs. Cela ne se fait pas grâce aux gratins dauphinois et aux gâteaux à la fraise.

La cuisine centrale fait de très bons plats. Regardez ces belles blettes qui baignent dans ce jus de … heu… ce jus de quelque chose. Ok, on ne sait pas très bien ce que c’est. Mais bon, si c’est là c’est que ca doit être nutritif.

Bien sur que les jeunes vont râler. Au début tout du moins.  C’est vrai que le cuisinier savait adapter ses plats en fonction leurs gouts. Ok, il arrivait  leur faire manger des légumes, sachant comment les agrémenter. Oui, il peut prendre du temps avec eux pour composer ensemble le repas du soir. Mais bon, ce sont de bien petites choses comparées aux gains que nous allons faire.  De toute façon, ce sont tous des ados mac do, ils vont vite oublier à grands coups de ketchup et de mayo. 

De toute manière, rien ne sert de râler. Le processus est enclenché.  Le social change, à vous de vous adapter. Cela se passe déjà dans des foyers pour handicapés et ils n’ont pas l’air de se plaindre. Pourquoi vous vous plaindriez ?

Bon !! assez discuté. Vous n’avez rien à dire. Il est temps de faire le ménage dans les gaspillages. Vidons les frigos, remplissons les caisses. Dans le  social comme en entreprise, c’est toujours l’argent qui à le dernier mot, le mot de la faim.

(ps: est ce que la cuisine centrale peut faire d’aussi bons et beaux gateaux?)